La maison Cauchie à Bruxelles | Art Nouveau

Qui est Paul Cauchie?

Paul Cauchie est une figure majeure de l’Art Nouveau (1890-1910) en Belgique. A la fois architecte, peintre et décorateur, il est l’auteur de plusieurs centaines de sgraffites.

En 1905, Cauchie bâtit son domicile au 5 rue des Francs dans la commune d’Etterbeek de Bruxelles-Capitale. Cette maison s’oppose alors au style d’un autre grand architecte belge de l’époque, Victor Horta.

 La façade de la maison Cauchie, Bruxelles   Maquette de la maison Cauchie

A gauche, une partie de la façade. A droite, la maquette de la façade complète exposée au musée.

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Le sgraffite, késako?

Le sgraffite est une fresque murale décorative remontant à l’antiquité et remise au goût du jour lors du courant Art Nouveau.

Moins cher que d’autres techniques, le sgraffite est créé de la façon suivante: une première couche de 1 à 2 centimètres est réalisée à base d’un mélange de mortier et de charbon. Celle-ci est ensuite recouverte d’une couche bien plus fine faite de mortier uniquement.

Avant que la couche supérieure ne sèche, l’artiste applique un patron et creuse les lignes du dessin. Pendant que tout est encore humide, l’artiste applique la couche de peinture. Une dorure à la feuille d’or ou au cuivre peut également être appliquée en touche finale.

Malheureusement le sgraffite se dégrade lorsqu’il est sujet à la pollution, à la pluie et à l’humidité. Des conditions que l’on retrouve bien à Bruxelles…et  rénover coûte un certain budget.Croquis de Cauchie

Retrouvés dans la maison, ces croquis de Cauchie servaient de papiers isolants dans les combles! Quel comble!

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L’art nouveau, « le  style nouille »

L’Art Nouveau naît en réponse à la grande industrialisation du 19° siècle. Contre la paupérisation créative, les artistes lancent un courant d’art décoratif dont les motifs parlent de la nature et dont les lignes courbes viennent casser le formalisme de l’époque.

Un symbole emblématique est la rose qui marque le lien des artistes à la nature. Elle se retrouve dans les fresques de Cauchie, notamment dans les cheveux de ses muses.

Mais la première guerre mondiale passe par là et laisse un sentiment de désillusion. Rebaptisé « le style nouille », l’art nouveau n’a plus le vent en poupe. Il fera place aux formes plus géométriques de l’Art Déco (1910-1940).

 

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La façade, véritable PUBLICITE

Cauchie est un « growth hacker » avant-l’heure (oui, je travaille dans le marketing…). Pour exposer son art et se faire connaître, il profite d’un concours dans sa rue consistant à réaliser la plus belle façade.

Nous sommes alors au tout début du 20° siècle. Cauchie construit sa maison au bord du parc du Cinquantenaire (en hommage à l’indépendance du pays, 50 ans après sa déclaration). Il se dit qu’il attirera sa clientèle grâce à sa carte de visite grandeur nature!

Cauchie y fait l’éloge des différents métiers manuels et artisanaux. Il dessine plusieurs muses dont celles de la broderie, métier qu’occupe sa femme Lina, ou encore de la bijouterie pour ne citer que ces exemples.

Fresque intérieure - maison Cauchie

Une partie de la fresque réalisée dans la salle de réception du bel étage. On y aperçoit à droite le seul et unique homme représenté sur les sgraffites du lieu.

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L’INTÉRIEUR DE LA MAISON

Aujourd’hui le sous-sol et le rez-de-chaussé ont été convertis en musée. Le rez-de-chaussée, appelé le « bel étage » est le lieu où Cauchie recevait ses clients. Il se visite un dimanche par mois et les groupes s’enchaînent tambours battants pour l’occasion.

Le bel étage se décompose de trois pièces en enfilade: la salle de réception, le salon et la salle à manger. A l’origine, l’appartement n’avait pas de cloison entre chaque pièce afin de laisser traverser la lumière des deux côtés.

Dans la salle de réception, les 4 murs sont recouverts de sgraffites. Les meubles en chêne ont également été conçus par l’artiste afin de s’intégrer parfaitement dans le décor mural. Pour en jeter à la vue de ses visiteurs, mais avec un budget modeste, Cauchie a peint les vitres des meubles d’une couleur faisant l’illusion qu’il s’agissait de cuivre.

D’autres œuvres sont présentes dans le salon à l’emplacement de la cheminée et sur le mur de la cour intérieure que l’on peut admirer de la salle à manger.

A noter que les autres étages du bâtiment sont loués à des particuliers!

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